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Brèves

 

Intervention d’André FLAGEUL à la Conférence de Presse du Collectif des 16 au siège de l’UNA le Lundi 10 janvier 2011

17/01/2011




« J’ai le plaisir de vous accueillir au siège de l’UNA et je vous remercie d’avoir répondu à notre invitation. Vous avez devant vous les acteurs principaux de l’aide à domicile en France, les fédérations et associations de l’aide à domicile pour les personnes âgées, pour les personnes handicapées – et je salue particulièrement le Président de l’APF Monsieur Barbier, je n’oublie pas qu’il est également Vice président de la CNSA – les services publics territoriaux, représentés par Monsieur Loison, et la Mutualité Française avec Guénaëlle Haumesser. Je remercie aussi la fédération Adessadomicile pour tout le travail de préparation de cette conférence.

C’est une première, ces acteurs qui se sont réunis dans un collectif et qui aujourd’hui veulent mettre sur la place publique grâce à vous, les problèmes de l’aide à domicile. Oui la situation est grave et le titre de cette conférence « Y’a-t-il encore un avenir pour l’aide aux personnes et aux familles à domicile ? » est parfaitement justifié.

Depuis 15 mois, tous, ensemble, séparément, nous interpelons les pouvoirs publics pour leur dire : attention, il y a le feu dans la maison du domicile, le système s’écroule et la catastrophe est devant nous, nous voulons des mesures en profondeur pour réformer ce système et des mesures d’urgence pour faire face aux situations problèmes.

Nous n’obtenons aucun résultat : un an de discussion, zéro solution.

On vient nous ausculter, des rapports, toujours des rapports dont on ne connaît jamais le contenu.

Nous sommes constamment renvoyés au grand soir du cinquième risque.

Et très clairement, on nous annonce un refus catégorique sur la constitution d’un fonds d’intervention : « pas question de fausser la concurrence » dixit à l’époque Madame Berra, et qui plus est, aujourd’hui on nous enfonce la tête sous l’eau avec la suppression des exonérations de charges.

Alors oui nous sommes exaspérés. Nos adhérents désespèrent et sont en colère. Tous, nous en avons « ras-le-bol » du discours lénifiant sur notre importance sociale et sur le développement incontournable de notre secteur d’activité.

Les conséquences de tout cela, nous les vivons au quotidien, les usagers trinquent : réduction des plans d’aide, réduction des plans d’intervention,… La situation est particulièrement catastrophique pour le secteur familles. Les intervenants qui vont me succéder préciseront tous ces points.

La situation économique des structures s’aggravent – plus de fonds propres, dépôts de bilans – les  conséquences sont dramatiques sur l’emploi, 20.000 personnes sont menacées.

Un arrêt brutal de la professionnalisation, une dégradation des conditions de travail et le retour au travail au noir.

Les causes sont parfaitement identifiées : insuffisance des financements publics face à l’évolution des besoins, non reconnaissance du coût économique de nos structures, inadaptation de la tarification, sans parler du détricotage du social et de la banalisation de nos interventions qui tirent l’ensemble du système vers le bas.

Alors aujourd’hui, nous voulons à travers vous, lancer un appel solennel à Madame Bachelot, Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale pour que des mesures conjoncturelles soient prises, la création du fonds d’intervention, et pour qu’enfin, des mesures en profondeur soient mises en marche. Notre travail avec l’Assemblée des Départements de France va dans ce sens.

Il faut passer aux actes, faire des choix. Nous voulons en finir avec le discours de la fatalité, plus d’argent dans les caisses, nous voulons des choix politiques. Oui nous dénonçons la situation mais nous sommes toujours prêts à co-construire les réponses avec les pouvoirs publics. »